Qu’est-ce-que la psychomotricité ?

Aujourd’hui j’ai envie de vous partager ma définition de la psychomotricité.

Pendant mes études on m’avait dit : « écris régulièrement ta définition de la psychomotricité, tu vas voir elle va évoluer ». Et c’est vrai, en fonction des expériences, des formations, des personnes rencontrées elle a changé.

Je vous propose donc MA définition de la psychomotricité, influencée par la façon dont je la pratique et mon expérience.

3 composantes dans un geste :

  • les muscles (le geste moteur)
  • les neurones (votre cerveau donne un ordre à votre corps)
  • l’émotion (mon geste diffère en fonction de mon émotion)

La dimension tonico-émotionnelle :

Comment le contexte émotionnel impacte le mouvement. Le tonus est mon premier outil d’analyse et de travail. 

Analyse : je regarde comment l’enfant réagit au niveau tonico-émotionnel.

Travail : je propose à l’enfant des situations dans lesquelles il va mettre en jeu son corps différemment.

Exemple : si on joue à la bataille, l’enfant va expérimenter la peur et la confrontation.

L’OBJECTIF: que l’enfant essaye différentes situations tonico-émotionnelles, qu’il arrive à se situer et trouver un équilibre.

La psychomotricité va considérer le geste dans se globalité et travailler à l’équilibre entre ces 3 composantes.

Mon travail en tant que psychomotricienne :

Mon travail en libéral, va être d’avoir un regard global sur l’enfant et de savoir comment les 3 composantes du geste s’articulent entre elles.

Si je décèle chez le patient un problème moteur/musculaire spécifique, je l’enverrai en consultation kiné. Si je décèle des problèmes autour des articulations et du squelette, j’enverrai mon patient chez l’ostéopathe.

MON OBJECTIF : que le patient trouve l’équilibre entre ses compétences et ce que l’environnement attend de lui (la société, ses parents, l’école, etc.). Parfois, mon travail sera d’accompagner les parents ou l’école à s’adapter aux capacités de l’enfant. C’est souvent le cas, lorsque l’enfant n’a pas la capacité à écrire plus vite ou mieux. Il faudra proposer des aménagements pour qu’il ait moins à écrire et pour lui faciliter la tâche de l’écriture. En parallèle, mon travail sera d’accompagner l’enfant à « exploiter » ses capacités. 

L’important est de faire ce travail avec bienveillance, pour que l’enfant ait confiance en lui et que les parents aient confiance en lui et en leur capacité d’éducation.

Auprès de l’école, l’importance c’est que l’enfant soit le plus à même de profiter des apprentissages qui lui sont transmis et à l’inverse que l’école trouve le meilleur moyen pour transmettre ses apprentissages à l’enfant.

Je reçois qui ?

Dans mon cabinet, je reçois principalement des personnes qui ont des troubles du graphisme, de la motricité globale et fine, des troubles de l’attention et de l’hyperactivité, des troubles relationnels, des hauts potentiels et hypersensibles.

Mais en tant que psychomotricienne, je suis formée et habilitée à travailler avec tous les âges et tous les états de vie. Il y a un éventail très large de travail et de facto une richesse des possibilités.

La médiation :

Chaque psychomotricien, développe une médiation. C’est-à-dire : comment il va permettre au patient de mettre en jeu son corps.

Exemple : la relaxation, la sophrologie, l’escalade, le jeu libre, la danse, la peinture, le cheval, etc.

Chaque psychomotricien développe les médiations qui lui correspondent mais aussi et surtout qui correspondent à ses patients.

Personnellement, j’utilise beaucoup le jeu libre : l’enfant met en jeu ce qui est juste pour lui au moment donné. L’utiliser, c’est accorder une grande confiance à l’enfant. Je pars de ce que l’enfant apporte et je viens proposer des éléments pour voir ses réactions.

Les bénéfices d’une séance de psychomotricité :

Une séance de psychomotricité agit comme un catalyseur.

Exemple : une de mes patientes de 2 ans et demi, avait un petit retard moteur, elle avait du mal à prendre des risques. En salle de psychomotricité je la mettais sur les gros ballons. Sa mère faisait déjà cela avec elle à la maison. Et m’a dit : « C’est fou, car on fait des choses avec vous que j’ai déjà faites avec elle ou proposées à la maison; mais le fait de les faire ici, en séance, je vois qu’ensuite à la maison, elle va beaucoup plus répéter ces comportements et aller plus loin ».

L’importance du cadre

L’investissement en temps, en disponibilité, (en argent aussi parfois), les regards croisés, la bienveillance et la confiance, etc. ont toute leur importance.

Exemple de la petite fille : le fait que la mère accompagne sa fille, qu’on travaille cela ensemble, qu’il y ait nos regards croisés, cela donnait une sécurité et des expérimentations corporelles ajustées finement par mes soins. Tout ce contexte a permis à la petite fille une progression en motricité fulgurante.

La confiance

À la base de tout ce travail, il y a aussi la confiance. C’est un cadre où l’enfant est accueilli avec une extrême bienveillance. On se concentre autant sur ce que l’enfant arrive à bien faire que sur ses difficultés. Cela lui permet de trouver un équilibre et de ne pas être juste dans la recherche de compensation de ses difficultés mais d’être aussi dans la recherche de valoriser ses acquis.

Diagnostic ?

Un psychomotricien ne pose pas de diagnostic.

Les diagnostics sont posés par les neuropédiatres, les pédiatres ou les pédopsychiatres en récoltant les bilans de psychomotrocité, d’orthophonie, d’ergothérapie, de l’école, etc.

Dans mon travail, je fais un bilan qui évoque les difficultés du patient mais sans le diagnostiquer. 

Exemple : j’ai observé des troubles de l’ordre de la dyspraxie. Mais je ne pose pas le diagnostic de « dyspraxie » car il y a d’autres paramètres qui rentrent en compte et qui ne sont pas en lien avec mon corps de métier. Je mets donc dans le bilan quels troubles praxiques j’ai pu observer.

J’espère que cette définition de la psychomotricité vous aura éclairé.

À très bientôt,

confier votre enfant

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