Que faire avec un tout petit ?

Que faire avec un tout petit ? J’avais envie d’explorer ce sujet avec vous parce que l’on peut se retrouver désemparé avec un nouveau né. Et en même temps, c’est une période qui passe très vite (de 0 à 3 mois), pour laquelle je pense qu’il faudrait en profiter plus.

Les trois mots clés que je vais vous donner aujourd’hui sont : l’observation, la stimulation et la fusion.

 

COMMENÇONS PAR LA FUSION.

C’est vraiment important de pouvoir les porter. Faire du peau à peau, de les mettre en écharpe, de les avoir contre soi qu’ils dorment où qu’ils soient réveillés.

On le fait machinalement avec des tout petits, mais là, l’idée est de mettre la conscience derrière ce que vous êtes en train de faire. C’est ce qui va rendre ces moments de fusion plus intenses. Et alors?

En psychomotricité on utilise pour cela la notion de dialogue tonico-émotionnel, c’est à dire que l’on dialogue entre la maman et l’enfant au niveau tonique et émotionnel.
Au niveau tonique (la tension de notre corps), est ce qu’on est détendu? tendu?
Et au niveau émotionnel : l’émotion qu’on y met avec?
En fait, je vous encourage à jouer avec ce dialogue tonico-émotionnel.
Vous avez sûrement déjà fait cette expérience : quand un enfant dort dans vos bras cela vous détend complètement.

Vous pouvez jouer à transmettre certaines émotions ou une certaine énergie à votre enfant.
On a souvent tendance à bercer ou balancer les enfants, alors que parfois juste d’être calme et/ou de faire attention à notre respiration, va aider l’enfant à s’apaiser.

ENSUITE, PARLONS DE l’OBSERVATION.

On observe tous les nouveaux nés. On les trouve trop mignon.
Je vous propose une observation consciente : mettre une intention.
Je vais vous donner quelques clés parce qu’observer n’est pas forcément facile quand on ne sait pas vraiment quoi observer.

1/ La première chose que l’on peut observer avec un nouveau né : c’est l’hypotonie de l’axe.
C’est à dire à quel point la tête et la colonne vertébrale sont hypotonique (augmentation exagérée et permanente du tonus). Et l’hypertonie des membres (les jambes et les bras ont tendance à se replier).

Cela peut être intéressant d’observer votre enfant quand vous le changer ou quand il joue au sol, sur un tapis d’éveil. D’observer comment jour après jour, ses membres réussissent à s’étendre, comment il réussit à porter sa tête de mieux en mieux.

2/ Chez les nouveaux-nés il y a également le réflexe d’agripper (souvent le doigt), qui diminue petit à petit pour aller vers la préhension volontaire.
Et puis tout simplement d’observer comment il réagit aux sons ou aux sourires.

C’est juste une observation, mais une observation consciente qui donne une attention particulière au fait d’observer votre enfant.

EN DERNIER LIEU, IL Y A LA STIMULATION.

Je voulais en parler, mais je vous mets en garde : un enfant n’a pas besoin d’être stimulé parce que, de toute façon, l’environnement dans lequel il est, dans lequel il grandit, est suffisamment stimulant pour lui.

Il n’y a pas vraiment besoin de stimuler « encore plus ». Il faut faire attention à l’hyper-stimulation. Cependant, certaines stimulations sont adaptées : celles qui approfondissent la phase d’observation.

Par exemple : la poursuite oculaire. Au début, les yeux « sautillent », çela fait des saccades oculaires. Et puis, petit à petit, la poursuite oculaire se fait de façon plus fluide.
On peut, à ce moment-là, lui proposer une stimulation en lui mettant un objet avec des contrastes forts, des lumières et des couleurs vives. Et on fait « glisser» l’objet. On essaye de trouver la bonne distance :
trop près : l’enfant ne va pas réussir à se fixer.
trop loin : l’enfant décroche son regard.

C’est une distance qui va évoluer au fur et à mesure de sa maturation. Vous verrez au fur et à mesure des jours ou des semaines à quel point cela évolue et à quel point l’enfant réagit différemment aux objets qu’on lui propose.

Une autre petite stimulation psychomotricienne que j’aime bien faire, c’est aussi de proposer à l’enfant de mettre nos mains sur ses pieds, pour lui proposer un appui.
Petit à petit, l’enfant va s’habituer à appuyer sur ses pieds. Et puis, il va jouer avec la pression que vous lui proposez. Cela va progressivement l’amener vers le retournement.
Elle est rigolote et vous rappelle de mettre votre enfant pieds nus le plus souvent possible, comme je vous en avait parlé dans cette vidéo.

Évidemment, comme dernière stimulation, il y a les chansons. Le fait de parler, de chantonner à son enfant et de voir comment il réagit. Est ce que ça le calme? Est ce qu’il écoute? Est ce que petit à petit, on voit que ses yeux s’ouvrent, qu’il tourne la tête vers le côté d’où vient le son, soit de chanter, soit de mettre de la musique? C’est aussi très joli à voir parce que les enfants sont en général très sensibles à la musique de facto on les voit réagirent avec tout leur corps !

VOUS AVEZ MAINTENANT DES PETITES CLÉS POUR POUVOIR AUGMENTER CE QUI EST BEAU À VIVRE AVEC UN TOUT PETIT.

Selon moi, ce qui est beau à vivre avec un tout petit, c’est la notion de sérénité, la joie et l’émerveillement. Un enfant qui dort, on ressent une sérénité en le regardant. Il y a aussi l’émerveillement, parce qu’un tout petit enfant s’est un mystère merveilleux. Et quand on le regarde, on peut être émerveillé. Et puis, il y a la joie parce que la vie, c’est la joie.

On ne va pas mentir. La vie avec un tout petit, c’est aussi beaucoup fait d’épuisement, d’agacement et d’inquiétude. Mais plus vous développerez cette capacité de joie, d’émerveillement et de sérénité, plus ces moments d’inquiétude, de fatigue et d’agacement pourront être réduits et seront moins envahissants pour vous. Et impacteront moins la relation avec votre enfant.

Je vous souhaite beaucoup de bonheur avec votre tout petit.

Cet article a 2 commentaires

  1. Merci Marthe pour cet article.
    En tant que grand-mère, je me questionnais justement sur le fait de voir mon petit-fils de un an sans chaussures et rarement avec des chaussettes.
    Mais effectivement avec des orteils très flexibles ! lui permettant Sans doute de mieux accéder à ses envies de déplacement…et d’autonomie ?

    1. Merci pour ta remarque Karine, en effet, on peut faire le lien rigolo entre utiliser ses orteils et évoluer vers l’autonomie 😉

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