Le chantage ça marche, pourquoi s’en passer ?

Le chantage fonctionne, l’enfant obéit rapidement. Alors pourquoi se fatiguer à trouver d’autres solutions ? Après avoir vu pourquoi on utilise le chantage, je vous donne un exemple de situations avec différentes façons de réagir. Je vous explique enfin pourquoi le chantage n’est qu’une solution de courte durée et en quoi il est si néfaste pour l’enfant. 

Quand utilisons-nous le chantage ? Voilà 2 grands types de situations : 

1. par gain de temps

2. par peur de la colère de l’enfant

Dans la plupart des situations, on peut essayer d’agir différemment. Quand on est trop fatigué et qu’on n’a pas le temps, ça arrive d’utiliser le chantage. On reste des êtres humains et la facilité l’emporte parfois (voir souvent) sur le reste. 

Quand on a la possibilité de faire différemment c’est important de se poser la question. Quand c’est parce qu’on a peur de la colère de son enfant c’est important de s’interroger sur cette peur parce que l’enfant a besoin d’exprimer sa colère. En tant que parent on est là pour lui autoriser à s’exprimer. 

L’exemple du manteau 

Je vais prendre un exemple pour illustrer cela. Votre enfant ne veut pas mettre son manteau, vous êtes pressés, vous êtes en retard et vous avez envie de lui mettre son manteau. 

Comment pouvons-nous agir ? Voici 3 façons d’agir différentes : 

1ère façon d’agir : le chantage 

2ème façon d’agir : reformuler la demande en laissant un choix à l’enfant

3ème façon d’agir : imposer sa décision sereinement

 

1. le chantage 

 Soit vous faites du chantage parce que ça ira plus vite : on peut lui dire « si tu mets ton manteau je te donnerai ton jeu dans la voiture » 

2. reformuler la demande

 Si on a la possibilité de prendre un peu de recul et de pouvoir penser à la situation, on peut se demander : « est-ce que c’est vraiment important pour moi qu’il mette son manteau maintenant, est-ce qu’il peut le mettre dans le couloir ou dehors ? » ou « est-ce que je peux mettre mon manteau d’abord et le sien après ». Dans ce cas, on peut lui proposer : « il faut que tu mettes ton manteau. Est-ce que tu veux le mettre maintenant ou est ce que tu veux le mettre après ? ». De cette façon, on permet à l’enfant d’avoir le choix, de faire un choix. Il devient acteur de la situation et ne la subit plus. Souvent ce qui se passe quand on impose quelque chose à l’enfant, ce qui lui fait dire « non », c’est justement le fait qu’il se sente imposé quelque chose, qu’il n’ait pas le choix. 

Dans la période entre 2 et 5 ans, quand l’enfant est dans l’expérience de son autonomie, il n’a pas envie de se voir imposer des choses, il a envie de choisir. On peut alors très bien lui donner le choix. Ex : « Est-ce que tu veux mettre ton manteau maintenant ou dans 5 min ? »

3. imposer sereinement sa décision 

 On peut avoir tendance à utiliser le chantage car on a peur de la colère de son enfant. On va penser : « si je le force à mettre son manteau, il va se rouler par terre, ça va être une horreur et du coup je vais être encore plus en retard ». Pour éviter cela, on utilise donc le chantage. Il y a des moments où l’enfant a besoin d’exprimer sa colère. Il a besoin d’exprimer sa frustration. Si pour vous c’est important à ce moment-là de lui mettre son manteau, il me semble plus adaptée d’imposer sereinement sa décision : « c’est le moment de mettre ton manteau, tu n’en as pas envie, tu vas peut-être être en colère mais c’est comme ça, je dois te mettre ton manteau ». Vous prenez son manteau et lui mettez. S’il a de la colère à exprimer (ce qui est fort probable car il sent votre tension et y réagit naturellement). Plus vous temporiser, essayer d’obtenir sa collaboration, utilisez le chantage, plus vous risquez que l’explosion de colère, au moment où elle arrive soir forte. Si vous lui dites dès le début : « cela risque de te mettre en colère, car j’ai bien vu que tu n’es pas d’accord mais je veux quand même te mettre ton manteau », il y a de fortes chances pour que la colère qui s’exprime soit moins forte et dure moins longtemps. 

Une dernière chose qui me semble importante :

 Le chantage est « à condition », on demande à l’enfant de faire sous condition. On ne lui laisse pas le choix. 

Paradoxalement, si sur le moment cela peut fonctionner, dans un second temps cela risque de provoquer des crises ou des frustrations à d’autres moments. Au moment du chantage l’enfant aura réussi à prendre sur lui, mais plus tard, à un moment inopiné, il risque de faire une crise dont vous ne comprendrez pas la source. Ne pas laisser le choix à l’enfant et le forcer à prendre sur lui n’est pas sain, l’enfant à besoin d’être respecté dans son identité. Il a besoin de pouvoir faire des choix, d’avancer dans son autonomie, d’exprimer qu’il n’est pas d’accord. Si on l’empêche de se confronter aux limites, de se mettre en colère, de dire qu’il n’est pas d’accord, de revenir sur ce qu’on a dit pour lui proposer d’autres solutions ; si on est toujours dans du chantage et qu’on lui demande toujours de prendre sur lui, finalement cela crée énormément de frustrations et de tensions. A un moment donné, tout cela aura besoin d’exploser. Du coup votre enfant risque de faire d’autant plus des crises de colère. Même si grâce au chantage, sur une situation précise vous aurez évité une crise de colère, au final, vous en récolterez quand même.

Le chantage est de l’amour conditionnel, il force l’enfant à prendre sur lui. 

J’espère que cet article sur le chantage vous aura intéressé. N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous pensez du chantage, si et quand vous l’utilisez. Avez-vous remarqué des crises de colère ou des réactions de frustration en différés ? Arrivez-vous à mettre en place d’autres techniques ? 

–>  Le lien vers la VIDÉO : Le chantage ça marche, pourquoi s’en passer

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Marthe

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