Écrans et enfants

Cet article a été difficile a rédiger pour moi, car j’étais partagée entre mon regard de professionnelle (où je connais l’impact négatif des écrans) et ma vie de maman (qui les as beaucoup utilisé pendant le confinement notamment).

Il y a un paradoxe entre le risque lié aux écrans et la déculpabilisation de l’utilisation des écrans (sous certaines limites évidemment !). Je vous propose d’explorer le rapport aux écrans du côté parent puis enfant, je vous donne ensuite des conseils pour définir des règles et en profiter.

Côté parent

Je vous propose de commencer par l’analyse de votre rapport avec les écrans. C’est important de commencer par nous, car les enfants imitent ce qu’ils voient. Si vous trouvez que votre enfant est trop sur les écrans en ce moment, la première question à vous poser c’est : « Comment est-ce-que je suis moi avec les écrans en ce moment ? ».

Exemple personnel : je me suis rendue compte que plus j’étais fatiguée plus je « scrollais ». Cela me donne l’impression d’avoir un échappatoire. Mais celui-ci est contre-productif car je ne me repose pas, je perds du temps et je ne me ressource pas. Cela a aussi un impact sur mes enfants. C’est-à-dire que quand je le fais, mes enfants me le rendent bien, ils sont encore plus agités ! Ils veulent de l’attention et moi je souhaite « m’échapper », donc le résultat n’est pas là.

La première remise en question c’est d’analyser son rapport à l’écran :

Qu’est-ce-que les écrans représentent pour moi ? Est-ce-que je regarde la télé ou pas ? Est-ce-que je regarde souvent mon téléphone ? Est-ce-qu’il existe des règles à la maison ? Quand est-ce-que cela me plait ? Me déplait ? Comment je me sens lorsque j’oublie mon téléphone ?

C’est intéressant de s’interroger pour prendre du recul sans jugement par rapport à sa propre utilisation : ce que l’on aime ou pas et ce que cela nous apporte.

Suite à cette analyse, interrogez : comment ajuster ou créer des règles ajustées ? Est-ce-que vous les suivez en tant que parent ?

Il est important de prendre conscience de ce qu’on fait pour avoir une cohérence entre notre attitude et celle que l’on exige de nos enfants. Cela permet aussi de se remettre en premier lieu en question avant d’exiger quelque chose de notre enfant. L’enfant sera plus enclin à suivre la règle qu’on lui propose si le parent la respecte aussi.

Côté enfant

Les enfants sont tous très différents dans leur rapport à l’écran. Il est judicieux d’observer votre enfant pour savoir ce qui est le plus adapté pour lui (dans votre limite).

En tant que parent, notre rôle va être d’éduquer les enfants à l’autonomie avec les écrans. Cela est compliqué pour une génération dont le rapport aux multimédias étaient limités. L’objectif va donc être de trouver l’équilibre entre le cadre et la liberté face aux écrans.

Bien sûr cela ne s’applique pas pour les tous petits. Mais dès la fin primaire/début collège, l’enfant va devoir se confronter par lui-même aux limites de l’écran. Qu’il sache ce que cela provoque chez lui. Exemple : « au bout de quelques heures j’ai des maux de tête ». C’est intéressant qu’il aille repousser ses limites, car le risque de ne pas l’éduquer à l’autonomie est qu’il tombe plus tard dans l’addiction. En effet, il n’aura pas eu les outils pour trouver son équilibre.

Les impacts négatifs des écrans du point de vue de la psychomotricité

Impacts sur la motricité : Quand l’enfant regarde un écran il est immobile, alors qu’il a un besoin de bouger. Cela peut engendrer un besoin de décharge motrice ou au contraire un affaissement et un manque d’énergie corporelle.

Impacts sur la concentration : Quand on regarde un écran on voit et on entend en même temps. De facto on peut avoir plus de mal à « juste  » écouter ou lire par la suite.

Impacts sur la relation à l’autre : fuite de l’autre, manque/perte des codes sociaux. L’écran peut être une façon de se créer des relations virtuelles mais ne donne pas du tout à l’enfant les codes.

Impacts sur le langage : pour certains enfants, le fait de regarder les écrans diminue la stimulation à s’exprimer, à s’entraîner à parler. Cela peut provoquer des retard de langage ou encore des habitudes langagières particulières (l’enfant imite les sons qu’il entend).

CONSEIL N#1 : Faire un état des lieux de son rapport avec les écrans

CONSEIL N#2 : Observer votre enfant pour adapter vos règles dans le but de l’éduquer à l’autonomie face aux écrans. C’est idée d’éducation à l’autonomie ouvre d’avantage les perspectives et englobe l’unicité et l’individualité des rapports aux écrans.

OBJECTIF #1 : Définir les règles qui vous correspondent (au niveau individuel et familial)

OBJECTIF #2 : Pouvoir profiter des bénéfices que les écrans apportent.

J’espère que cela vous aidera à gérer votre rapport aux écrans à la maison. Je vous donne bientôt des nouvelles clefs pour essayer de limiter leur utilisation.

À très vite,

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