Confier votre enfant : vers des séparations plus sereines

–>  Le lien vers votre BONUS : Mes émotions, mon corps et ma vie de maman

Etre parent, c’est guider son enfant vers l’autonomie. L’accompagner à bien vivre la séparation l’aidera dans ce chemin vers l’indépendance. Il apprendra à faire face à de futures situations de séparations avec une sécurité interne acquise lors de ces premières expériences. Que vous quittiez votre enfant pour 1h ou quelques jours, le moment de la séparation est le même, c’est l’intensité émotionnelle qui l’accompagne qui change. Une intensité augmentée aussi lorsque vous le laissez pour la 1ère fois avec une personne que vous ne connaissez pas. 

On peut se retrouver démuni devant les réactions de nos enfants. Cet article vous aidera à y voir plus clair. Nous verrons d’abord que la séparation s’aborde différemment en fonction de l’âge de vos enfants. Je vous proposerai ensuite trois outils pour vivre les séparations autrement. J’aborderai aussi le thème des retrouvailles qui est logiquement lié à celui de la séparation. Pour finir nous verrons la place du doudou dans la séparation. 

 

1. Evolution de la séparation selon l’âge de l’enfant

0-6mois

Selon son âge l’enfant réagit différemment à la séparation. Tout petit, il ne se rend pas forcément compte de ce qui advient. Il est uniquement dans le moment présent et vit les choses de façon très factuelles : mon parent est là/mon parent n’est plus là. Dès cet âge (de 0 à 6/8 mois),  il est important de mettre des mots, cela va aider l’enfant à mettre du sens sur ce qu’il vit. Vous pouvez tout simplement lui dire « je m’en vais, je reviens plus tard, passe une bonne journée » et ce, même si vous avez l’impression que cela ne sert à rien. Votre bébé va capter l’intention derrière vos mots et va progressivement lier ces mots avec votre départ et votre retour. Cela pose les bases de séparations plus aisées à l’avenir.

 

À partir de 8 mois

La période difficile souvent décrite se situe autour des 8 mois de l’enfant. L’enfant commence à saisir que si son parent part, son parent ne sera plus là. C’est le début de la compréhension du lien de cause à effet. Parallèlement, avec son autonomie motrice naissante, l’enfant peut s’éloigner de son parent. Cela provoque une excitation qui peut parfois être angoissante et il a besoin d’être rassuré et sécurisé. Il commence à pouvoir exercer une forme de contrôle sur son environnement. Lorsqu’il pleure à la séparation c’est d’une part qu’il exprime son désaccord avec l’absence de son parent mais aussi qu’il exprime sa frustration de ne pas contrôler la situation. L’enfant finira grâce à la répétition et aux expériences par intégrer qu’il ne risque rien à se séparer de son parent. Il est donc plutôt normal et sain que l’enfant pleure. C’est une façon d’exprimer ses émotions et de signifier qu’il comprend ce qu’il se passe. Nous verrons dans la suite de cet article des propositions pour réagir au mieux.

 

Après 3 ans

Plus grand, l’enfant peut avoir des difficultés à se séparer de son parent pendant encore de nombreuses années. Il peut s’agir de l’expression de l’intense émotion provoquée par la séparation. Je pense par exemple à l’enfant qui pleure le temps que son parent parte et s’arrête aussitôt la porte fermée. Cela dit, cet exemple peut aussi s’expliquer par un sentiment de loyauté envers son parent : l’enfant vit bien la séparation mais peut sentir qu’il est important pour son parent de marquer la difficulté de se séparer. Enfin, il peut s’agir d’un besoin de sécurité : « Reste là pour me rassurer » en lien avec un manque de confiance, soit en lui-même soit en l’environnement (arrivée dans un nouveau lieu, présence de personnes inconnues). Avec l’intégration des notions de temps, l’enfant va pouvoir anticiper les séparations et s’y préparer. On peut l’y encourager : « Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? » « Tu te souviens où on va ? » « Demain tu vas chez qui ? »

 

2. Trois outils pour une séparation apaisée

1er outil : l’introspection.

Pour que cette phase d’introspection soit efficace, vous pouvez la séparer en 2 temps. Dans un 1er temps : il s’agit de faire l’état des lieux de ce vous ressentez lorsque vous imaginez la séparation. Se séparer de son enfant provoque de nombreuses émotions parfois contradictoires. Il est intéressant d’aller faire le tri dans ce que l’on ressent. Il y a plusieurs facettes en vous : l’ancien enfant en vous qui va parler (« Je n’ai jamais pleuré en entrant à l’école »), il y a la femme ou l’homme (« J’ai trop hâte d’avoir 2h tranquille »), il y a la maman ou le papa (« J’espère que cela va bien se passer, qu’on va bien s’occuper de lui »).

A partir de l’état des lieux de vos émotions, dans un 2nd temps, posez-vous la question de ce que vous pouvez mettre en place pour augmenter les émotions de bien-être et diminuer celles qui vous déplaisent. Demandez-vous « comment ? » plutôt que « pourquoi ? ». Par exemple, imaginez votre enfant qui pleure, ressentez ce que cela provoque en vous et demandez-vous comment faire pour vivre cela au mieux. Vous pouvez aussi imaginer une situation de séparation idéale et penser à ce que vous pouvez mettre en place pour la favoriser.

Cette petite introspection devrait vous permettre d’être plus clair dans vos intentions. L’enfant ressent cette clarté et cela le sécurise. Il peut alors vivre ses émotions librement. Votre attitude ne va pas forcement l’empêcher de pleurer, au contraire, elle peut lui permettre de s’exprimer mais aussi de passer à autre chose plus facilement.

 

2ème outil : nommer ce que vous observez.

Cela permet souvent de prendre un peu de recul sur la situation, de sortir du « tout émotion » et d’apaiser ce qui se vit. En nommant, vous reconnaissez et accueillez l’émotion de votre enfant. Cela peut donner, par exemple : « tu n’es pas content », « tu pleures », « tu es en colère ». L’idéal étant de le dire de façon neutre, comme l’observation d’un fait, sans en rajouter, sans essayer d’expliquer, de trop interpréter, de justifier… Répéter les mots de la séparation sont importants, des mots plein d’amour et de confiance : « Tu vas rester à la crèche, je reviens ce soir. Tu es triste pour le moment. Je t’aime. »

En amont, vous pouvez mettre des mots pour permettre à l’enfant d’anticiper le moment de la séparation : « On s’habille et ensuite on va partir à la crèche », « Je te mets dans ton siège auto, tu te souviens où on va ? ». Mais attention à ne pas trop anticiper : il n’est pas utile parler de séparation trop longtemps avant qu’elle advienne. Les notions de temps se mettent en place très progressivement chez les enfants et sont installées autour des 5/6 ans de l’enfant. Avant cela, trop anticiper risque juste de faire gonfler les émotions et peut empêcher votre enfant d’être disponible au moment présent. Par exemple, si vous lui parlez de le laisser à la crèche le lendemain, cela peut impacter la qualité de sa soirée, voire de sa nuit.

 

3ème outil : quelques attitudes à bannir !

Ces attitudes sont souvent dictées par la culpabilité ainsi que par notre difficulté à accueillir les émotions de nos enfants (ce n’est pas le côté facile du rôle de parent !). On peut alors demander à l’enfant de prendre sur lui par des « Maman doit vraiment y aller car elle est en retard », ou « Mais tu sais bien que je reviens ce soir »,  ou encore « Tu connais bien ici pourtant ». Les « Allez, arrête de pleurer », ou le fait de partir en cachette servent plutôt à nous déculpabiliser et n’aident pas l’enfant à mieux vivre la séparation. Il y a aussi le chantage « Si tu ne pleures pas, je t’achète un pain au chocolat » qui force l’enfant à prendre sur lui et à refouler ses émotions. Ces attitudes apprennent à l’enfant qu’il ne peut pas faire confiance dans la parole de l’adulte. Elles soulignent souvent notre incapacité à recevoir l’émotion de l’enfant : on préfère partir en cachette que de se confronter à la peine de l’enfant. Le 1er outil vous permet donc de comprendre ce qui est difficile pour vous et d’adopter une attitude plus adaptée.

 

3. Les retrouvailles

Les retrouvailles sont un moment de transition tout aussi important que la séparation. L’enfant peut réagir de façon surprenante du point de vue du parent. Il peut être ravi bien entendu, et cela la majeure partie du temps, mais il peut aussi bouder, faire comme si de rien n’était, voire même pleurer. Pour les plus petits, cela peut correspondre à la décharge de l’émotion qui le submerge lorsqu’il retrouve son parent : mélange de joie et de réalité (papa/maman n’était pas là puisqu’il est là maintenant). Pour les petits et pour les plus grands, la raison peut être liée au fait qu’en collectivité l’enfant refoule certaines de ses émotions. De plus, il ressent toutes celles des autres. Du coup, lorsqu’il se retrouve en confiance dans les bras de son parent, il peut enfin tout relâcher. Le travail du parent est alors de pouvoir accueillir cette décharge émotionnelle lorsqu’elle a lieu. Après une journée de travail, on n’a pas toujours la disponibilité / patience /envie tout simplement, et pourtant… la qualité des retrouvailles est aussi importante que celle des séparations !

 

4. La place du doudou dans la séparation

Un doudou n’est pas seulement un objet de transition, il peut aussi être une habitude rassurante (par exemple lorsque l’enfant a besoin de son doudou pour s’endormir). Le doudou en tant qu’objet de transition est le lien entre la maison et la crèche, l’école ou la nounou. Il vient signifier que la maison existe toujours même quand je n’y suis pas. Il n’est pas essentiel L’enfant peut très bien s’y retrouver sans doudou. Les habitudes et/ou rituels jouent le même rôle.

Si la séparation prépare l’enfant à l’autonomie, au quotidien elle est un moment de transition qui sert à délimiter des espaces-temps de vie distincts pour votre enfant. L’enfant investit un doudou en tant qu’objet de transition autour de ses 8 mois, quand il commence à se rendre compte de ce qui se passe.

Lorsque l’enfant se sent en sécurité, il lâche son doudou pour investir le lieu où il se trouve. Il arrive parfois que le doudou devienne un frein à l’investissement du lieu par l’enfant. L’enfant n’arrive pas à s’en détacher et cela le gène dans l’exploration de l’environnement car il a les mains occupées. L’adulte peut alors intervenir pour proposer à l’enfant de placer doudou en lieu sûr. C’est souvent ce qu’il se passe en crèche.

Doudou et tétine sont souvent confondus et/ou liés. Si le doudou peut jouer un rôle d’objet facilitant la transition, la tétine ne devrait concerner que les tout-petits. Je vous en dis plus sur la tétine dans cette vidéo !

 

Conclusion

En fonction de son âge, l’enfant va appréhender différemment la séparation. Grâce à l’introspection, au fait de nommer ce qui est en train de se vivre et en évitant les attitudes à bannir, vous ferez de la séparation un moment qui permettra à votre enfant de se construire une sécurité interne. La qualité des retrouvailles s’en ressentira sans doute et le doudou pourra être de moins en moins nécessaire. 

Les enfants nous amènent à nous adapter sans cesse. On pense avoir trouvé un rythme, une habitude, une solution, et finalement elle ne marche plus car l’enfant est passé à autre chose. Cette idée s’applique en matière de séparation : cela se passe sans difficulté, puis tout à coup c’est compliqué, ou vice versa. Le parent peut se retrouver assez démuni lorsque l’enfant change dans sa manière de vivre les choses alors que cela est tout à fait normal. On passe souvent beaucoup de temps à chercher la solution d’un problème qui finit souvent par passer. La morale de cette phrase c’est que finalement, l’idéal est de pouvoir accueillir et accompagner l’enfant tel qu’il est et où il en est au moment présent. Pour cela, vous l’aurez compris, tout commence par vous. 

J’espère que cet article vous aura aidé à percevoir la séparation sous un angle différent et qu’il vous permettra de vivre les séparations avec vos enfants de manière plus apaisée. Laissez-moi en commentaires vos expériences et vos questions, je me ferai une joie de vous y répondre. 

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